éliane

 

Nous avons besoin des mots pour penser ; et sans le vouloir, nous écrivons sur notre les pages de ciel et terre !


D’autres architectures faites de lettres ici.

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FILM SUR LA JEUNE CRÉATION ARCHITECTURALE EN EUROPE

Ce lundi 30 mai avait lieu la projection d’inauguration du projet 27 à la cité de l’architecture et du patrimoine à Paris. Je vous fait part de mes notes.

Le projet 27 veut explorer la jeune création architecturale en Europe. Deux architectes (du studio LAN), un réalisateur (de FatCat films) et un designer graphique partent pour un tour d’Europe : une agence par pays, 26 pays en 27 minutes.

Ce projet explore les réactions face au moment clé que vit l’architecture européenne aujourd’hui.

Le choix des architectes présentés dépend de leur engagement dans la construction de leur pays, dans leur culture, leur attitude par rapport aux a-priori extérieurs du pays, leur vision européenne du projet architectural.

La projection d’aujourd’hui est unique. C’est le premier épisode d’un carnet de voyage qui sera plus tard coupé par thématiques, pour apporter le contenu d’un film destiné à une large échelle.

 

ESPAGNE /// EBV

 

Le film du jour nous emmène en Espagne, auprès de l’agence EBV, dont les fondateurs nous font visiter quelques bâtiments barcelonais, pas forcément de leur création, qu’ils trouvent particulièrement intéressants.

Les images sont magnifiques et sous une musique planante, on se laisse porter entre formes et lumières, entre les lignes et les matières de bâtiments contemporains. Mais ce ne sont pas les photos désertées des magazines d’architecture. Sur la place les enfants jouent, dans le hall un homme traverse, sans compter les dessous des interviews et des visites, où l’on suit les 4 protagonistes à travers leur voyage d’exploration.

Après le film, les architectes montent sur le podium pour des questions en direct.

 

Barcelone s’est mise depuis les JO de 1992 à construire une architecture au service de l’urbanité. L’architecture en Espagne a gagné une certaine renommée grâce à une large médiatisation -contrôlée par les architectes- de la construction contemporaine. Alors que les architectes étaient très forts en Espagne, très impliqués dans les projets de construction, ils ont à trouver un nouveau rôle depuis la crise. On assiste aujourd’hui à une certaine perte de pouvoir [car] il s’agit maintenant d’une organisation européenne, où on travaille tous de la même manière.

Formé il y a 7 ans, l’agence EBV (Estudio Barozzi Veiga) participe à beaucoup de projets internationaux et compétitions européennes. Les deux fondateurs ont décidé de s’installer à Barcelone  d’une part car la ville est intéressante mais surtout parce que la discussion sur l’architecture de Barcelone était très forte à l’époque. Maintenant les architectes travaillent au contraire chacun de leur côté, il n’y a plus d’idée commune de l’architecture.

Le travail de cette agence se concentre sur la liaison très forte entre l’objet architectural et le potentiel urbain de cet objet. Par le refus de l’iconique, les bâtiments participent a l’urbanité. Mais alors, comment éviter l’objet iconique lorsqu’on participe aux concours qui bien souvent en font l’implicite demande ? L’intérieur est conçu comme une partie de la ville […] obsession de joindre le projet à la ville […] Le projet doit offrir quelque chose de plus à la ville, il cherche un équilibre entre d’un côté la condition sociale, l’espace urbain, et d’un autre l’autonomie de sa forme […] L’architecture doit nourrir, être en fusion avec la ville, qui est plus importante, qui est première.

Durant les dix dernières années, les architectes ont oublié que l’architecture était faite pour les gens. Il faut réaffirmer le rôle social de l’architecture. L’architecture est importante pour nos vies, notre façon de vivre la ville, il faut que les architectes le montrent aujourd’hui.

Le logement social émerge tout juste en Espagne. Les financements sont 45 fois inférieurs à ceux dispensés en France, qui connait à ce sujet une situation exceptionnelle en Europe. […] L’expérimentation est [au contraire] beaucoup plus admise voire encouragée qu’en France ; mais l’énorme marché de la construction en Espagne, privée et commerciale, reste sans architectes. […] Hors concours, c’est très difficile de faire de la bonne architecture.

Quant à l’avenir, les choses sont appelées à bouger. Le nouveau maire de Barcelone arrive au pouvoir avec un nouvel architecte, Vicente Guallart, réputé très expérimental. Les considérations environnementales sont quasiment absentes en Espagne aujourd’hui, ça commence tout juste.

Le prochain RDV du projet 27 aura lieu le 15 septembre pour les épisodes sur l’Irlande et le Portugal.

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Here is a very interesting post from the Bi Blog exploring rhythm and architecture.

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Mar 242011
 
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Mar 182011
 

Voilà un article très intéressant paru sur trapèze-revue.net et portant sur l’imaginaire qui se glisse, par la vue et la photographie dans notre réalité.

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Malgré la popularité de l’évènement, j’ai pu me glisser au cours de Richard Scoffier sur LE MUR au Pavillon de l’Arsenal ce samedi 12 mars. C’est dans le cadre de son université populaire sur le thème de Où commence l’architecture que le pavillon organise 4 cours ouverts au grand public sur le mur, l’ouverture, la structure et enfin le volume.


Mur de brique et lumière du soir, San Francisco

Mur de brique et lumière du soir, San Francisco

Donc, le mur.


D’abord, il faut parler de l’orateur, Richard Scoffier, qui est n’est pas des plus banals. Sa mèche noire et son air tendu lui rendent l’image d’architecte qu’il assume en toute franchise et sans prétention. Au début ses mains tremblent mais le cours déroulant, il se détend. Restent ses haussements de ton soudains, et sa posture mal assise qui l’installent dans le rôle du passionné, habité, torturé ; son air de fou attire l’oreille et capte l’attention. Ses dires sont ceux d’un sage.

Sans pouvoir retracer précisément le cours entier, mes notes vous avancent quelques notions abordées, quelques bribes des lectures que l’on peut faire de cet élément architectural essentiel.

Le mur a mille visages et mille usages. Il existe pour :

- limiter un territoire qui est extension du corps (comme les animaux qui marquent leur territoire par l’urine). Limiter est aussi séparer, opposer. Tout comme la parole, et donc la pensée, opposent, excluent : on choisit d’utiliser un mot et non un autre, on pense en opposant des points de vue, on opte pour un argument au dépens d’un autre. Le mur incarne ainsi une séparation qui peut être politique ou idéologique (mur de Berlin, mur de Jérusalem).

Avec la limite apparaît une intériorité. Le mur empêche l’espace de fuir, il qualifie très précisément un vide par son inertie, son épaisseur.

Curch of light, Tadao ANdo, Osaka, Japan

Curch of light, Tadao Ando, Osaka

- se dresser, et donc marquer le haut et le bas, convoquer notre verticalité d’humain en plus de servir comme notre seconde peau. Contrairement à la vérité galiléenne, notre perception est celle d’une terre plate, qui est toujours en bas, et qui reçoit du ciel la lumière.

- se creuser, constituer un monde, une planète par la seule masse inerte du mur

- objecter, comme un morceau d’argile qui devient un objet autonome qui se révolte et habite l’espace, envahit son contexte.

- s’effacer pour offrir un fond, mettre en scène et permettre la lecture, l’éclairage, le cadrage d’un autre objet. Offrir une enveloppe qui mette en valeur un objet (d’art par exemple).

Musée Bourdelle, C. de Portzamparc, Paris

Musée Bourdelle, Christian de Portzamparc, Paris

- être espace actif en constituant une paroi faite d’activités et de rituels superposés, comme les espaces servis et les espaces servant de L.Khan. Voir le post sur Habiter le mur.

- s’ouvrir

- se décomposer par la dématérialisation. Les surfaces deviennent autonomes et éclatent.

Maison de Rietveld à Utrecht

Maison de Rietveld à Utrecht

- refléter, réfléchir par le verre et renvoyer une certaine image.

Dans ses exemples, Richard Scoffier aborde toutes les époques et mélange les genres car l’architecture n’est pas à aborder historiquement, tout bâtiment témoigne chaque jour, il est toujours efficace et actuel, il est toujours là.

Les origines de larchitecture, par Laugier

Les origines de l'architecture, par Laugier

Il conclue par une allusion aux mythes, dont la véritable réponse n’est pas de savoir ce qui s’est réellement passé mais Connais-toi toi-même. Beaucoup trouvent l’origine de l’architecture dans les premières formes de protection. Mais l’architecture n’est pas la constitution d’une protection, l’architecture nous constitue.

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Mar 152011
 

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Pictures from an interesting post on deconcrete.org.

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La neuro anatomiste Jill Bolte Taylor connaît une expérience unique le jour où elle a une rupture d’anévrisme.

Plus largement, c’est toute notre relation au monde, notre présence corporelle à ce qui nous entoure et notre perception de l’extérieur dont elle parle ici.

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Pour avoir les sous-titres, regarder la vidéo sur le site de ted.com

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